La pierre sèche

Des éléments de connaissance sur la construction du patrimoine bisontin au fil du temps

Éléments recueilli suite à un travail de recherche d’archives effectué par l’association

Qui construisait les murs

terrasses (c) Axel Simonin (4)

© Axel Simonin

La construction de murs en pierre sèche pouvait relever du travail du vigneron au même titre que la taille et la vendange. Par exemple, en 1792, l’abbé Blanchard, chargé d’un terrain de vigne déclare les revenus qu’elle lui rapporte et notamment ses coûts.
Extrait de déclaration de l’abbé Blanchard qui dit avoir payé son vigneron « tant pour avoir édifié un mur, en réparer d’autres et rapport de terre dans laditte vigne ».
Toutefois, on a également un contrat de construction du 17e siècle qui mentionne la reconstruction d’une caborde par un maçon et un couvreur aux Esqueugneys sur ordre du noble D’Orival. Cela constitue un cas très particulier dans la mesure où la caborde ou cabane de vigneron en pierre sèche est un travail d’une difficulté technique supérieure à celle des murs de soutènement.

Remonter le fil du temps de leur construction

© Axel Simonin

Nous disposons, pour décrire les murs en pierre sèche et la façon dont ils étaient perçus par le passé, de documents rapportant les demandes de permis de construire déposés par des particuliers de la banlieue de Besançon notamment Bregille, afin de faire reconstruire leurs murs. Ces documents sont explicitement datés du XVIIIe siècle. Il y est fait mention de reconstruction de murs sur leurs anciennes fondations ce qui nous permet d’affirmer que la pratique de la viticulture en terrasses au moyen de murs en pierre sèche date au moins de la fin du XVIIe siècle.

Par ailleurs, les données du cadastre napoléonien peuvent nous amener à tirer certaines conclusions sur les dates de construction des murs et leur datation. Si on prend par exemple l’ensemble des trois parcelles CZ104b, CZ105b et CZ143b situées côte à cote sur le chemin des Ragots, et dont les murs ont été relevés au moyen d’un gps, il apparaît que les tracés des  murs chevauchent le  tracé des parcelles du cadastre napoléonien de 1834.  Cela signifie  que leur présence est antérieure à 1834, date de la levée du premier cadastre.

Le vocabulaire utilisé

terrasses (c) Axel Simonin (13)

© Axel Simonin

Les murs de vigne documentés sont généralement ceux situés en bordure d’une parcelle, là ou leur modification est susceptible de nécessiter un arbitrage, un permis de construire ce qui nous laisse un document exploitable. Plusieurs requêtes de particuliers nous montrent la méticulosité avec laquelle les murs sont reconstruits avec le souci d’empiéter le moins possible sur le terrain de vigne, alors qu’à chaque modification, il semble que les pouvoirs publics profitent de l’occasion pour élargir le chemin le cas échéant, d’où une impression de tension lors des demandes de permis que l’on retrouve aujourd’hui dans pareille situation.
Concernant les murs, le vocabulaire suivant est très souvent retrouvé : il y a donc une contrainte régulière de reconstruire les murs « sur leur fondation ancienne » et « en suivant leur alignement d’origine »
Nous avons trouvé pour certains murs en bordure de chemin la mention de « soutènement » qui explicite leur fonction.
Un autre élément est le murger : Il s’agit généralement d’un tas de pierres issues de l’épierrage du terrain, rassemblées en bordure de terrain. Certains plans localisent précisément les zones expressément dénommées murger.
Le désert est un terme qui revient régulièrement pour qualifier un terrain ou un morceau de terrain, et pour autant qu’on puisse en juger il s’agit de ce que l’on appellerait aujourd’hui les pelouse sèches.
Le terme de caborde revient également régulièrement dans les recherches d’archive.

Richesse et diversité du patrimoine bisontin

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