Un peu d’histoire

De la vigne au patrimoine en pierre sèche

L’importance de la vigne à Besançon

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Les premières mentions de vignes à Besançon datent du XIIe siècle. Au fil des siècles suivants, la viticulture s’est développée sur un territoire de plus en plus large au point que :

  • la vigne s’est développée dans des clos en ville mais aussi au delà et notamment sur les versants des collines qui entourent Besançon.
  • en 1789, on évalue à 1700 hectares la surface agricole totale de la commune.
  • en 1733, Besançon comptait 4000 vignerons sur 20000 habitants. Et il faut  ajouter à cela les diverses professions rattachées à la culture de la vigne (négociants, tonneliers, le millier de propriétaires…)

Il apparaît clairement que que l’activité viticole est du moyen-âge à l’ère industrielle une activité économique majeure qui rythme la vie quotidienne des bisontins.

Les pratiques culturales de la vigne

Une pratique domine du moyen-âge au 19e siècle : l’utilisation d’échalas (ou marrins selon les termes locaux).
Cette pratique naît de la forte utilisation du marcottage pour faire se reproduire la vigne. On enterre dans une fosse un sarment à proximité de la vigne, et le pied qui naît ainsi est rattaché au moyen d’osier sur un échalas, c’est à dire un piquet en bois épais planté dans le sol. Les vignes ne sont ainsi pas organisées en lignes comme aujourd’hui mais en foule. On associe donc à la viticulture bisontine, d’autres types de cultures disons “utilitaires” :

  • la culture de l’osier pour lier la vigne à échalas, les oseraies « oseroyes » sont réparties assez régulièrement à proximité des parcelles de vigne.
  • une importante exploitation forestière nécessaire à la fabrication des échalas
  • le complantage : culture de fruitiers dans les vignes
  • les archives font parfois mention de plantes, s’agit-il de légumes ou de vignes?

La pratique du labour à bras est attestée jusqu’au milieu du XXe siècle. Un autre élément fort de la culture de la vigne sur le versant des collines est la culture en terrasses.

La culture de la vigne en terrasse à Besançon

Sur les versants des collines, la culture de la vigne est réalisée sur des surfaces agricoles soutenues par des murs en pierre sèche. Le rôle de ces murs en pierre sèche et donc de ces terrasses est de :

  • lutter contre l’érosion des sols
  • faciliter la culture
  • réguler l’écoulement des eaux de ruissellement

Nous avons cherché à savoir qui construisait, entretenait ces murs. Il ressort de nos recherches d’archives que ce travail pouvait être confié aux vignerons et vigneronnes dans le cadre par exemple des travaux rémunéré par les propriétaires. Les mentions concernant les murs se retrouvent dans des documents concernant des permis de construire sur ce thème et des documents d’acensement dès le XVIe siècle.

Le déclin progressif de la vigne

Les facteurs qui ont causé le déclin de la vigne à Besançon sont sensiblement les mêmes que pour d’autres anciens pays viticoles : l’entrée dans l’ère industrielle matérialisée par l’invention du chemin de fer et la crise du phylloxera. L’abandon des terrasses a conduit progressivement à un enfrichement, jusqu’à un reboisement de ces espaces qui va de pair avec une détérioration progressive des murs. Le caractère constructible de certains espaces n’a pas épargné le patrimoine viticole.
Heureusement, le caractère trop pentu de ces versants et leur protection en zone naturelle nous laisse aujourd’hui un patrimoine d’une qualité et d’une ampleur rare dans une ville de la taille de Besançon. A nous de savoir le protéger.

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